samedi 14 mai 2016

POLAR : L'envers du paradis

Un île paradisiaque, des filles sublimes, un monde glamour… Le premier roman de Marius Faber pourrait être un rêve, mais est en réalité un cauchemar puisque l'île est le cadre de trafics humains sordides, que les filles disparaissent et que le glamour n'est qu'une apparence…

La première réussite de ce premier roman, c'est de parvenir, d'un bout à l'autre, à maintenir une vraie tension en multipliant les rebondissements dans la quête de la vérité qui entraîne son héros. La seconde qualité de Cavale pour Leïa, c'est la manière dont Marius Faber marie le sens de l'action et celui de l'humour. Et la troisième, c'est d'avoir su créer un personnage principal extrêmement attachant dans sa détresse et sa rage. Bref, Cavale pour Leïa — en dépit de quelques longueurs et redites (mais n'est-ce pas inévitable sur 500 pages ?) — est un polar qu'on a bien du mal à lâcher même pour quelques heures : car ça va vite, et ça ne cesse de monter en puissance. L'histoire, c'est celle de Pierre, photographe de mode, qui, alors qu'il séjournait sur l'île de Saint-Martin, dans les Antilles, voit disparaître sa fiancée, la belle Leïa. L'enquête ne donne rien, et les mois passent. Un an plus tard, alors qu'il est rentré en France, il apprend qu'une autre somptueuse jeune femme a disparu dans l'île. Il fait vite le lien, d'autant que son ami et employeur — qui s'occupait aussi de l'agence de mannequins pour laquelle travaillait la disparue — est sauvagement tué. Pierre, soupçonné par la police, fuit Paris pour Saint-Martin, où seul, il va reprendre la traque et découvrir les dessous pas très reluisants de ce paradis tropical… Il y a des flics véreux, des restaurateurs s'occupant de traite des femmes, des salauds de tout poil… Et c'est loin d'être tout, tant le roman foisonne de situations, de personnages et d'atmosphères dont il révèle la face sombre. Tout un univers interlope et inquiétant auquel Marius Faber donne vie avec brio.

Marius Faber, Cavale pour Leïa, éd. du Toucan, 20 €.

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