mercredi 27 janvier 2016

ROMAN ETRANGER : Dans les nuits du chasseur…

Dans l'Amérique du début des années 1930, une jeune journaliste se lance sur la trace d'un homme arrêté pour plusieurs meurtres. Bien que basé sur un fait divers réel et sanglant, Tous les vivants n'est pas un roman policier, mais un livre puissant où s'affrontent le Bien et le Mal…

C'est une des images inoubliables d'un des plus grands classiques du cinéma américain : les mains tatouées d'un étrange pasteur, Love d'un côté, Hate de l'autre. Joué par Robert Mitchum, cet inquiétant personnage terrorise une famille après avoir épousé et tué la mère, dans La Nuit du chasseur de Charles Laughton (1955).  Amour et Haine, Bien et Mal, voilà aussi autour de quoi va s'articuler le fascinant roman que Jayne Ann Phillips consacre à ce même personnage et à ce même fait divers qui terrifia l'Amérique en 1931. Pour ce faire, elle invente une jeune et belle journaliste Emily, qui se lance sur les traces de ce Harry Powers qui passait des annonces matrimoniales, épousait, détroussait et assassinait celles qui y répondaient, enfants compris… Toute la part d'enquête de Tous les vivants est impressionnante, la reconstitution (agrémentée de photos d'époque) de l'Amérique de la Grande dépression aussi, mais c'est dans une autre dimension, plus mystérieuse, presque surnaturelle, que le roman prend toute sa puissance et se révèle unique. Car Jayne Ann Phillips nourrit cette histoire vraie de sa propre imagination, donnant en particulier un rôle essentiel, central, à une petite fille morte, Annabel, dont la voix hante l'intégralité du texte, bonne fée veillant sur les autres victimes de ce Powers qui est en quelque sorte l'incarnation du Mal. On se laisse envoûter par cette histoire terrible, et plus encore par l'écriture magistrale de cette grande romancière très peu connue en France.

Jayne Ann Philips, Tous les vivants. Le Crime de Quiet Dell, éd. de l'Olivier, 23,50 €.

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