lundi 27 juillet 2015

NOUVELLES : Vies minuscules

Avec Incandescences, recueil de douze histoires à l'humanisme désespéré, Ron Rash s'impose comme un des grands maîtres de la nouvelle américaine, dans la lignée de Raymond Carver ou John Cheever…

De Ron Rash, on connaissait les romans, magnifiques, sombres, mélancoliques, Serena, Un pied au paradis ou Une terre d'ombre. Son art de la nouvelle, tel qu'on le découvre avec ce recueil de douze histoires, est tout aussi éblouissant. En quelques pages, il parvient à saisir l'essence d'une existence, le désenchantement de vies ratées, le moment incertain où tout bascule d'un côté ou de l'autre du destin… Si la plupart des nouvelles réunies ici se situent de nos jours mais sont infiniment marquées par le passé de leurs personnages, ce passé qui les rattrape et les hante, trois s'échappent vers un autre temps, temps de crise et de troubles, que ce soit la Grande Dépression de 1929, la guerre de Sécession ou l'immédiat après-guerre. A chaque fois, Ron Rash trouve la juste distance pour raconter ces existences minuscules marquées par le destin : un humour un peu désespéré dans Des confédérés morts, où deux pieds-nickelés s'essaient à piller des tombes ; une forme de fantastique dans L'oiseau de malheur où un homme est terrorisé par de qu'annonce un hibou perché dans un arbre ; la douce tristesse dans Etoile filante où un mari voit sa femme lui échapper depuis qu'elle a repris ses études… Tous ces êtres entrent quelques minutes à peine dans nos vies, par la grâce et la force de l'écriture de Rash, ils ne sont pas prêt d'en sortir !

Ron Rash, Incandescences, éd. du Seuil, 20 €.

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