dimanche 12 juillet 2015

CLASSIQUE : Retour à Manderley

Vous croyez connaître ce classique de la littérature britannique porté à l'écran par Hitchcock ? Cette nouvelle et très belle traduction de l'inquiétant et fascinant chef-d'œuvre de Daphné du Maurier va vous obliger à y replonger. Car c'est une redécouverte. Et un énorme plaisir !

Une jeune femme un peu terne rencontre, à Monaco, un riche veuf plus âgé qu'elle. Très vite ils se marient et rentrent à Manderley, le somptueux domaine anglais de la famille de Winter. Mais derrière ces murs veille le fantôme de la première épouse, morte noyée quelques mois plus tôt, la belle et vénéneuse Rebecca… Enorme succès mondial à sa sortie en 1938, transposé à l'écran à Hollywood par Alfred Hitchcock, ce roman qui renoue avec les atmosphères de la littérature gothique du XIXè siècle est aussi une superbe histoire d'amour entre fantastique, suspense, mystère et tragédie. Porté par une écriture extrêmement cinématographique — on voit littralement les superbes jardins de Manderley, les mille recoins de la grande bâtisse, mais aussi les personnages, dont l'inquiétante Madame Danvers, la gouvernante toujours vêtue de noir…  —, Rebecca fascine de bout en bout. La précédente traduction avait "oublié" plusieurs dizaines de pages et était très datée. La nouvelle qui paraît aujourd'hui, signée Anouk Neuhoff, est une réussite indéniable, à la fois poétique,  onirique, lyrique et vibrant des mille inquiétudes de la narratrice, cette seconde Mme de Winter dont on ne connaîtra jamais le prénom. Tout est ici réuni pour qu'on ne puisse s'arracher à la lecture : c'est bien simple, Rebecca est un de ces livres qu'on n'arrive pas à reposer avant de l'avoir achevé ! Un vrai chef-d'œuvre.

Daphné du Maurier, Rebecca, éd. Albin Michel, 25 €.

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