mercredi 17 juin 2015

ROMAN ETRANGER : Mal de mère

Le deuil et le désir, la douleur et la vie : tout se mêle dans ce très beau roman venu d'Espagne, qui séduit par sa justesse, son entrain, sa liberté et sa grande sensibilité. Une pure merveille !

Cadaquès, la Méditerranée, l'été. Il y a la maison familiale de Blanca. Et à quelques dizaines de mètres, le cimetière où sa mère vient d'être enterrée. C'est un roman de deuil que signe l'Espagnole Milena Busquets, le deuil d'une fille qui, à 40 ans, se découvre adulte, et orpheline. Mais c'est aussi un roman diablement vivant, où la narratrice combat sa douleur grâce à l'amitié et surtout au sexe. Car même si elle se sent seule et perdue sans cette mère brillante et exaspérante, elle est très entourée : avec elle, ses deux meilleures amies, des enfants, deux ex-maris avec qui faire l'amour, un amant marié qu'elle retrouve secrètement, et même un beau jeune homme croisé à l'enterrement… A l'évidence très autobiographique, Ça aussi, ça passera est un texte à la fois bouleversant dans sa justesse et lumineux dans son écriture, d'une belle légèreté et d'une infinie gravité, de cette belle élégance qui est celle à la fois de la littérature et de la vie, où la peine et le plaisir se côtoient, se succèdent, s'entremêlent. "La douleur et la tristesse passent, comme la joie et le bonheur" est-il écrit ici. Et c'est magnifiquement vrai, comme ce livre.

Milena Busquets, Ça aussi, ça passera, éd. Gallimard, 17 €.

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