lundi 13 avril 2015

ROMAN FRANÇAIS : Les risques de la passion

Une femme dévorée par le désir de devenir écrivain : telle est l'héroïne du roman de la Sénonaise Alexandra Bitouzet. Un texte comme un cri, haletant, intense, qui remue nos rêves… Alexandra Bitouzet sera à Calligrammes pour dédicacer son livre le samedi 18 avril, toute la journée, en compagnie de sa sœur, l'illustratrice Lili Cameau, qui signe la couverture de ce livre.

On se demande parfois ce que font les "grands" éditeurs, en lisant les choses médiocres qu'ils publient on ne sait pourquoi, et surtout ce qu'ils ne publient pas et qui trouve, heureusement, refuge dans des maisons moins prestigieuses mais bien plus audacieuses et intéressantes. Voilà ce que l'on ressent à la lecture de La folie que c'est d'écrire, premier roman très maîtrisé où un rêve (écrire !) devient un cauchemar, et où le réel (vie de famille, vie professionnelle, vie sociale…) d'une jeune femme, Esther, est submergé par la folie des mots qu'elle n'en finit pas de griffonner sans savoir transformer l'essai. A la première personne, ce qui contribue au brouillage des frontières entre Esther et Alexandra, sa créatrice, ce roman intense et tendu nous dit l'obsession et la frustration, nous parle de la condition féminine, évoque les impasses du quotidien, nous rappelle que ce sont nos rêves d'enfants qui nous ont construits… Mais au-delà de la richesse des sujets abordés, c'est bien le style d'Alexandra Bitouzet qui nous happe dès la première page, cette façon hâchée, acérée, cruelle de distiller ses phrases, courtes, précises, drôles parfois, terribles toujours. Une belle surprise !

Alexandra Bitouzet, La folie que c'est d'écrire, éd. Cactus Inébranlable, 15 €.

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