mardi 27 janvier 2015

ROMAN ETRANGER : Tout craque !

Après ses excellents Arpenteurs du monde, Daniel Kehlmann confirme avec ce roman drôle et cruel son statut de chef de file de la nouvelle littérature allemande. On en redemande…

Tout craque pour les Friedland en ce jour de canicule de 2008 alors que se prépare le grand krach financier. Oui, tout est au bord de l'effondrement dans la vie de ce père et de ses trois fils. Daniel Kehlmann nous les présente les uns après les autres après une scène d'ouverture où ils sont réunis pour la dernière fois, bien des années auparavant : un après-midi, leur père, Arthur, les a emmenés au spectacle d'un hypnotiseur. Qu'est-ce qui s'est joué là ? Tout ? Rien ? Toujours est-il qu'Arthur a disparu dans la foulée, devenant bientôt un écrivain célèbre. Quant aux fils, l'un est devenu un prêtre obèse qui ne croit pas en Dieu ; le second un homme d'affaires véreux ; le troisième un peintre raté reconverti en faussaire et marchand de tableaux reconnu… Mais tous les mensonges ont une fin, et c'est ce à quoi sont confrontés les personnages de ce brillant roman sur la famille et la transmission (ou son absence), dans lequel l'infinie cruauté des situations est compensée par le pétillement de la langue. Car Daniel Kehlmann est tout sauf un donneur de leçons. C'est un joyeux moraliste, un observateur affûté et jamais dupe de la comédie humaine. Ses Friedland sont savoureux et pathétiques, au point qu'on ne peut que leur pardonner leurs errements, même les pires…

Daniel Kehlmann, Les Friedland, éd. Actes Sud, 22 €.

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