samedi 17 janvier 2015

ROMAN ETRANGER : Le jeu du chat et de la souris

Le bien, le mal. Un jeune flic, un vieil assassin. Les grands espaces du Montana, le huis-clos d'une prison. Avec ce texte âpre et puissant, Kim Zupan signe  un des premiers romans les plus envoûtants de ce début d'année !

On ne connaît pas Kim Zupan. Et pour cause, avant de s'imposer sur la scène littéraire américaine avec ce premier roman, il était fondeur, professionnel du rodéo, pêcheur de saumon en Alaska, professeur de menuiserie… Autant dire des métiers qui ne font guère parler d'eux. Difficile de ne pas voir pourtant que c'est dans cette succession de tâches physiques, manuelles, que Kim Zupan, comme d'autres de ces grands "écrivains du Montana" auxquels il fait penser (Jim Harrison, Rick Bass, Richard Brautigan…), s'est forgé et a formé l'univers de son livre. Son livre, parlons-en, qui pourrait presque se résumer en un face à face entre un jeune flic, Val, et son prisonnier, un vieil assassin endurci. Leur confrontation vire au dialogue, à l'échange, chacun se livrant à l'autre, devient presque complicité. Ils ont le même rapport à la terre, le même sentiment de la perte, la même blessure de l'enfance trop tôt perdue. Se ressembleraient-ils ? Il n'y a pas de sentimentalisme dans Les Arpenteurs, pas d'apitoiement sur ses personnages qui se livrent à un formidable jeu du chat et de la souris, il y a la même rudesse que dans les décors de ce territoire beau et terrible où l'homme doit trouver sa place. Hanté par la question du bien et du mal, le premier roman de Kim Zupan est de ceux qu'on n'oublie pas.

Kim Zupan, Les Arpenteurs, éd. Gallmeister, 23,50 €.

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