samedi 2 août 2014

PREMIER ROMAN : Vaisseau fantôme

A 24 ans à peine, Salomon de Izarra signe un terrifiant roman maritime et nous embarque sur un vaisseau fantôme où se croisent les ombres de Melville, Poe, Maupassant ou Lovecraft. Puissant, halluciné, dantesque : Nous sommes tous morts est un fantastique voyage vers l'effroi !

A travers le dispositif littéraire très classique du journal de bord d'un marin, Salomon de Izarra nous raconte pour son premier roman une histoire fort peu classique et qui va nous faire plonger dans les gouffres de l'âme humaine. Car ce que relate le matelot Nathaniel Nordnight, c'est le calvaire de l'équipage de La Providence (quel nom !), baleinier qui essuie, en 1927, une terrible tempête et se retrouve prisonnier des glaces. Dès lors, les démons qui sont en chaque homme vont peu à peu se libérer, la folie va gagner, et l'horreur la plus absolue — jusqu'au cannibalisme — va s'ériger en loi pour survivre. Ramassé en 150 pages à peine, ce texte haletant tient autant sa force de ce que l'on découvre, jour après jour, page après page, du destin de ces hommes livrés à eux-mêmes, qu'à la virtuosité inouïe de l'écriture de ce tout jeune auteur. Il y a là un talent vertigineux, une connaissance inquiétante de l'âme humaine et une puissance hallucinée qui empêchent de reposer ce roman fou et glaçant dès lors qu'on l'a ouvert.

Salomon de Izarra, Nous sommes tous morts, éd. Rivages, 15 €.

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