dimanche 27 avril 2014

NOVELLAS : Le Clézio, ou la perfection…

On n'en finirait pas d'aligner les superlatifs pour parler de l'œuvre immense de J.M.G. Le Clézio. C'est pourtant sous la forme en apparence modeste de deux courts récits que nous arrive son dernier ouvrage, Tempête. Mais c'est un éblouissement…

Deux textes composent Tempête, deux novellas comme il est écrit sur la couverture, c'est-à-dire deux courts romans, ou deux longues nouvelles, puisque la novella se situe dans l'entre-deux. Il fallait s'appeler Le Clézio pour convaincre un éditeur de publier ce format hybride et si peu usité. Et il a eu raison, car ces deux novellas assemblées, intitulées Tempête et Une femme sans identité, se répondent de façon lumineuse, à chaque fois des jeunes filles, à chaque fois des ailleurs, entre mer du Japon, Afrique… et Paris, à chaque fois le même humanisme qui transcende les histoires, dont on sait depuis longtemps qu'il nimbe toutes les œuvres du Prix Nobel de Littérature 2008. Dans le premier récit, June est une fille sans père, une fille de la mer (sa mère plonge pour cueillir des ormeaux), une fille qui rencontre un étranger qui jadis assista sans intervenir à un viol… Dans le second texte, Rachel n'a pas de mère, ou plutôt elle apprend que celle qu'elle prenait pour telle n'est pas sa mère, elle est entre le Ghana et la France, le souvenir d'un viol plane, et Rachel se cherche une identité… Avec son écriture si serrée, si précise et si poétique pourtant, Le Clézio retrace au plus près ces deux destins de femmes qui, sans rejeter le passé, loin de là, choisissent d'avancer. Il y a ici une forme de perfection qui éblouit page après page.

J.M.G. Le Clézio, Tempête, éd. Gallimard, 19,50 €.

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