mercredi 4 décembre 2013

ROMAN FRANÇAIS : Une sacrée re-découverte !

C'était il y a cinquante ans tout juste : Henri Beugras faisait paraître Le Brouillard, premier roman au fantastique aussi quotidien qu'inquiétant. Petit succès à l'époque ce texte — jamais suivi par aucun autre de son auteur —, avait ensuite disparu des mémoires. Le revoilà, toujours aussi puissamment étrange… Une œuvre à (re)découvrir d'urgence.

Installé désormais dans le Sénonais, Henri Beugras a été le premier surpris que son Brouillard, paru en 1963, intéresse à nouveau un éditeur, cinquante ans plus tard. Et c'est aussi la surprise qui attend le lecteur au détour de chacune des pages de ce court roman à l'atmosphère étouffante dans lequel un voyageur atterrit un beau soir dans la gare d'une ville sans nom dont il ne pourra plus repartir : il n'y a plus ni routes, ni trains, ni rien à l'horizon, bientôt plus non plus de souvenirs ou d'envies de fuir ce drôle de microcosme clos où son identité se dissout… Juste le brouillard où tout se perd. La belle réussite de ce roman sans cesse étrange, c'est l'écriture absolument quotidienne, et en même temps toujours mystérieuse, d'Henri Beugras, qui génère presque à notre insu une inquiétude qui nous gagne de plus en plus. On pense à Kafka bien sûr en avançant dans ce texte oppressant. On pense aussi au Prisonnier, la géniale série anglaise des années 60, où l'angoisse s'accompagnait comme ici d'une certaine ironie. Un texte saisissant dont la nouvelle édition à L'Arbre Vengeur s'accompagne des excellents dessins d'Alfred.


Henri Beugras, Le Brouillard, éd. L'Arbre Vengeur, 12 €.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire