vendredi 1 novembre 2013

ROMAN FRANÇAIS : A la jeunesse enfuie !


Avec ce quatrième roman, Tristan Garcia pose un regard d'une terrible lucidité sur les rêves de la jeunesse et le temps qui les transforme en illusions perdues. Il y parvient grâce à un personnage fascinant, le Faber du titre, qui se révèle en cours de récit tout aussi autodestructeur que destructeur tel que souligné sur la couverture… 

Il se prénomme Medhi mais pour tous, il est Faber, ce gamin sans parents qui débarque un beau jour dans la si calme petite ville de Mornay et qui va y amener dans son sillage l'insolence, le trouble et, bien plus tard, la mort. Il faut dire qu'il est charismatique Faber, brillant, intelligent et perpétuellement rebelle. A 10 ans, cela lui vaut des amitiés passionnées, celles de Madeleine et Basile qui l'accompagneront dans sa révolte. Mais la vie les sépare : Madeleine est devenue pharmacienne comme maman, Basile est professeur comme cela devait être, et Faber, ah Faber, qui n'a rien renié de ses idéaux, il vit seul, planqué dans la montagne, sale et perdu, clochard magnifique et révolutionnaire sans révolution. Ils se retrouvent et rien n'est plus comme avant tant l'idole du temps de la jeunesse n'a pas tenu ses promesses… Ces trois narrateurs enchevêtrent leurs récits dans ce roman ambitieux, et à la fin un quatrième, Tristan (Garcia) les rejoint, donnant une dimension supplémentaire à ce portrait d'une génération tiraillée entre désir de normalité et soif de rupture. C'est aussi à une plongée dans la "France profonde", celle qui s'ennuie et se rêve une identité glorieuse, que nous invite le jeune auteur découvert avec La Meilleure Part des hommes.

Tristan Garcia, Faber le destructeur, éd. Gallimard, 21,50 €.

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