vendredi 1 novembre 2013

NOUVELLES : Bonne nouvelle au Nobel


Presque inconnue en France, la Canadienne Alice Munro vient d'être couronnée par le Prix Nobel de littérature. De quoi inciter à se plonger dans la lumineuse et glaçante écriture de cette magnifique auteur de nouvelles. De quoi aussi mettre un coup de projecteur sur ce genre mal aimé par nombre de lecteurs.

Les amateurs de littérature américaine le savent bien : la nouvelle, outre-Atlantique, est un genre majeur auquel se sont essayés tous les plus grands auteurs et qui possède ses grands maîtres (Raymond Carver, Richard Yates, John Cheever, Dorothy Parker…). Force est de dire que, même si elle est canadienne, Alice Munro est de cette trempe-là, tant elle sait, en quelques phrases, quelques pages, saisir le sens profond d'une vie. C'est cette virtuosité jamais démentie depuis ses débuts, en 1968, qu'a salué l'académie Nobel en faisant d'Alice Munro la première novelliste à recevoir le plus fameux prix littéraire du monde. Il suffit de lire Trop de bonheur, son dernier recueil paru début 2013, pour se convaincre de son talent hors norme à révéler les secrets derrière les apparences, les blessures, les fêlures, les drames cachés sous les sourires de ses personnages, cette femme de chambre hantée par un crime, ces fillettes à l'amitié envahissante, cette vieille dame dont une tisane révèle les abymes… "Personne aussi bien qu'elle n'a déconstruit le mythe moderne, essentiel, de l'amour romantique" écrivent les membres de l'académie Nobel pour justifier leur prix. Et c'est peu dire. Il faut lire ces destins de rien qui portent en eux l'essence cruelle de l'existence. On en sort bouleversé.

Alice Munro, Trop de bonheur, éd. de l'Olivier, 24 €. (la plupart des livres d'Alice Munro sont disponibles en collection de poche)

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